Midnight Meat Train
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Midnight Meat Train


Titre original : Midnight Meat Train
Origines : Etats-Unis, 2009
Durée : 85 minutes
Sortie France : 29 Juillet 2009
Sortie Etats-Unis : 01 Août 2008
Budget : 15,000,000 $


Réalisation : Ryuhei Kitamura
Interprétation : Vinnie Jones, Bradley Cooper, Brooke Shields
Synopsis :
Leon Kaufman a révélé son talent de photographe à travers des clichés hautement provocants. Décidé à créer l'événement pour sa prochaine exposition, il est prêt à aller encore plus loin dans l'exploration des aspects les plus sombres de l'humanité. Lancé dans une quête obsessionnelle des pires aspects de l'homme, Léon s'intéresse à un tueur en série, Mahogany, qui traque les banlieusards prenant les derniers métros pour rentrer chez eux, avant de les tuer avec une sauvagerie inimaginable. La fascination de Leon pour Mahogany va le conduire de plus en plus loin dans les méandres du métro, au cœur même du mal. Sans le vouloir, il va entraîner Maya, sa petite amie, avec lui. Chaque ticket est peut-être un aller simple vers la mort...
Notre avis

Terminus, tout le monde meurt !
Clive Barker est un grand déçu du cinéma. Excepté Hellraiser, qui fut un joli succès en 1987 et Candyman, les autres adaptations du maître de l’horreur littéraire n’ont pas été des parties de plaisir. Malgré leur succès, il ne reconnaît pas son style dans Hellraiser 2 : Les Ecorchés, et Hellraiser 3 tandis que ses deux autres réalisations, Cabal et Le Maître des Illusions (chefs d’œuvre à redécouvrir de toute urgence) sont coupées et remontées par des producteurs qui n’ont rien compris au style du romancier. Quand aux pseudo suites de Candyman et Hellraiser, elles ne font qu’enterrer le principe de base pour des résultats lamentables .

Estimant qu’on est jamais si bien servis que par soi même, le créateur de Pinhead monte sa boite de production, Midnight Picture Show, afin de financer des films adaptés de ses écrits. Après Le Fléau selon Clive Barker, honnête direct-to-vidéo, voici donc venir Midnight Meat Train.

Prévu à l’origine pour le frenchie Patrick Tatopoulos (créateur des effets spéciaux de Stargate, Godzilla ou encore I Robot), parti sur le troisième volet de Underworld, la réalisation passe entre les mains de Ryuhei Kitamura, cinéaste Japonais rendu célèbre par son jouissif Versus, l’ultime Guerrier. Malgré une carrière en dents de scie (excepté Azumi, ses autres films déçoivent), Kitamura tape dans l’œil de Barker et accepte de se lancer dans l’adaptation de la courte nouvelle parue dans le recueil Livres de Sang (qui vient de sortir en France, dépêchez vous de l’acheter !) .

Et c’est tant mieux, tant le film respire la pelloche brutale et sans concession, sans pour autant trahir les thèmes chers à Clive Barker. A commencer par les personnages, toujours à la frontière du bien et du mal. Le "héros" Leon bascule peu à peu dans la fascination morbide tandis que Mahogany (Vinnie Jones, transformé en Jason en costard) se pare d’une attirance envers son "ombre". Sans oublier la jeune compagne du photographe, qui essuiera les plâtres de cette "relation". Bousculant nos repères (Qui est le bon ? Qui est le méchant ?) et faisant du spectateur un voyeur impuissant face aux actes du serial killer (vues subjectives à l’appui), la caractérisation des personnages prendra tout son sens pendant la dernière bobine du métrage. Sans trop en dévoiler, la fin bascule, sans en casser le rythme, vers un autre univers cher à Clive Barker. Par là même, Midnight Meat Train se rapproche de cet autre chef d’œuvre de l’auteur : Cabal.

Si le triangle relationnel est le sel du film, le piment  est sans conteste la réalisation de Kitamura, aidé en cela par la magnifique lumière de Jonathan Cela (Max Payne). Si sa boulimie filmique ne fait pas toujours des étincelles (le sang numérique qui diminue l’impact brutale des scènes gores), le réalisateur nous prive, fort heureusement, d’une réalisation clippesque comme on en voit bien trop souvent dans ce genre de productions et balance des affrontements brutaux d’une efficacité monstrueuse (ça fight sévère au marteau ou au crochet, clin d’œil à Candyman oblige) alliés à une surabondance de plans séquences et  de plans iconiques faisant du boucher Mahogany, un nouveau Boogeyman incontournable.

De ce fait, Midnight Meat Train, en plus d’être la grosse surprise de l’été, devient la meilleure adaptation de Barker depuis un sacré moment (en fait, depuis Le Maitre des Illusions en 1995) et le meilleur film d’horreur de cette année, à coté de Jusqu’en Enfer de Sam Raimi. C’est dire le coté incontournable du film !
[Publié par Thierry Bouyou]

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